L’éducation à la bienveillance

L’éducation à la bienveillance

L’éducation à la bienveillance 1920 1173 École Saint-Sauveur

«Éduquer un enfant ne doit être, en aucun cas, synonyme de faire pression sur lui, lui faire mal, lui faire peur, l’humilier et le stresser, cela n’a aucune vertu et représente un risque important pour sa santé, son développement et sa confiance en lui, ainsi que celle qu’il a pour le monde extérieur» précise Muriel Salmona, psychiatre.

Les dernières découvertes scientifiques sur le développement et le fonctionnement du cerveau bouleversent notre compréhension des besoins de l’enfant. Elles démontrent qu’une relation empathique est décisive pour permettre au cerveau des enfants d’évoluer au mieux, en déployant pleinement ses capacités intellectuelles et affectives.

Les émotions sont de véritables alliées, qui replacées au cœur des apprentissages, permettent de développer des compétences sociales et émotionnelles, autant chez les enseignants que chez les élèves !

Emotions et réflexions sont liées, et les unes ne vont pas sans les autres, il est donc tout à fait logique qu’elles soient utilisées à l’école ! Beaucoup plus que la transmission de connaissance, l’école comprend toute une dimension de bienveillance, d’empathie, comme reconnaître ses émotions et celles des autres, chercher à les comprendre… C’est le cas notamment de notre travail autour de la communication non violente (CNV). De plus, plus on pratique l’empathie, plus nous habituons notre cerveau à fonctionner avec ces nouveaux schémas de pensées, et plus nous avons des relations satisfaisantes. C’est un cercle vertueux !

Si l’on apprend à l’enfant que les rapports humains sont des rapports de force, très vite il agira de même. Cela reviendrait pour lui à un rejet social ressenti aussi intensément qu’une douleur physique. “ Tout ce qui dévalorise l’enfant est de l’ordre de la maltraitance émotionnelle ». Souvent, derrière la punition se cache l’idée de faire mal chez celui qui la donne afin que celui qui la reçoive comprenne ou retienne la leçon. Or, on sait désormais grâce aux neurosciences que le stress élevé et la peur bloquent les apprentissages. Par ailleurs, d’un point de vue éthique, il est incohérent de faire souffrir quelqu’un “pour son bien”. La punition peut avoir l’effet pervers de dédouaner l’enfant de sa culpabilité par-rapport à l’acte qu’il a commis comme si la punition annulait le crime. Certains enfants peuvent considérer qu’ils ont déjà payé par la punition pour leur comportement et qu’ils peuvent recommencer sans culpabilité. La punition ne développe pas le sens de la responsabilité.

Il faut, avant tout, développer la compétence relationnelle comme “un moyen de mettre en œuvre les valeurs que nous considérons comme fondamentales et d’atteindre ce faisant un niveau de qualité dans la relation adulte-enfant qui serve au mieux les deux partenaires et les objectifs pédagogiques fondamentaux”.

Cela sous-entend de ne pas se contenter des mots et des comportements d’un enfant mais d’entendre le message (les émotions et les besoins) sous les mots prononcés et les actes posés.

Raisonner en termes d’émotions, de besoins et d’empathie permet de prendre les enfants au sérieux et de construire une relation mutuellement respectueuse.

En tant que professionnels de l’éducation, exprimer ses émotions à la bonne intensité et au bon moment, c’est créer un lien vivant avec les élèves…